1er janvier : Jour de l'An en France
Le 1er janvier est le premier jour de l'année civile et l'un des onze jours fériés légaux en France. C'est aussi le seul jour férié du calendrier français qui ne célèbre ni un saint, ni un événement militaire, ni un fait religieux au sens strict. Il marque simplement le passage d'une année à l'autre, un geste calendaire qui semble aller de soi aujourd'hui mais qui a mis des siècles à s'imposer.
Une date loin d'être évidente au départ
L'idée que l'année commence le 1er janvier n'est pas universelle. Pendant une grande partie du Moyen Âge, la France elle-même utilisait plusieurs points de départ différents selon les régions et les époques. Sous les Capétiens, le royaume choisissait souvent le samedi de Pâques comme début d'année, une date mobile qui rendait les chronologies particulièrement complexes. Certaines provinces privilégiaient le 25 mars, fête de l'Annonciation, d'autres encore le 25 décembre ou le 1er avril.
Cette cacophonie calendaire posait des problèmes pratiques considérables pour les actes juridiques, les contrats, les registres d'état civil. Il a fallu attendre le 9 août 1564 pour que le roi Charles IX remette de l'ordre dans les dates grâce à la promulgation de l'Édit de Roussillon, qui harmonisait les pratiques dans tout le royaume en stipulant que l'année commencerait désormais le premier jour du mois de janvier.
La date du 1er janvier comme premier jour de l'année n'était pas une invention française. La réforme du calendrier julien par Jules César en 46 av. J.-C. avait déjà fixé le 1er janvier comme premier jour de l'année, en remplacement du 1er mars. Ce jour était dédié au dieu Janus aux deux visages tournés vers le passé et l'avenir, symbole des portes, des commencements et des transitions.
En 1582, le pape Grégoire XIII généralisa l'usage de la date du 1er janvier pour l'ensemble de l'Europe catholique en instituant le calendrier grégorien, toujours en vigueur aujourd'hui. La France avait donc déjà officialisé la date dix-huit ans plus tôt, mais c'est la réforme grégorienne qui ancra définitivement le 1er janvier dans l'ensemble du monde occidental.
Le détour par la Révolution et l'Empire
La Révolution française bouleversa tout, y compris le calendrier. De 1792 à 1806, le calendrier républicain fixa le début de l'année au jour où le soleil franchissait le point équinoxial d'automne, soit le 1er vendémiaire, correspondant au 22 septembre. Le premier jour de l'an I de la République fut donc le 22 septembre 1792.
Ce calendrier révolutionnaire était une rupture délibérée avec tout ce qui avait précédé. Les mois portaient des noms évocateurs de la nature (vendémiaire, brumaire, frimaire...), les semaines de dix jours remplaçaient la semaine de sept jours héritée du calendrier hébraïque, et les saints célébrés chaque jour étaient remplacés par des noms de plantes, d'outils ou d'animaux.
C'est Napoléon qui abrogea le calendrier républicain le 22 fructidor de l'an XIII pour un retour au calendrier grégorien à partir du 1er janvier 1806. En France, le 1er janvier devint jour férié sous le Premier Empire, en 1810. La date s'était donc imposée progressivement, d'abord comme point de départ officiel de l'année civile, puis comme jour chômé légal.
L'origine du nom "Janus" et le symbolisme du mois de janvier
Le mot "janvier" vient directement du latin Januarius, dérivé de Janus, divinité romaine particulièrement bien choisie pour représenter un tournant temporel. Représenté avec deux visages, l'un regardant vers le passé et l'autre vers l'avenir, Janus symbolisait parfaitement le tournant de l'année.
Dans la Rome antique, Janus était le dieu des portes, des passages, des débuts et des transitions. Il présidait à toutes les entrées et sorties, au sens littéral comme au sens figuré. Les Romains lui dédiaient les premières heures de chaque journée, les premières pages de chaque mois, et bien entendu le premier mois de l'année. C'est ce symbolisme double, regardant simultanément ce qui vient de s'achever et ce qui commence, qui explique la longévité de cette imagerie dans la culture populaire.
Les fêtes romaines qui accompagnaient cette période incluaient les Saturnales, en l'honneur de Saturne, dieu de l'agriculture. La tradition des Saturnales se caractérisait par des banquets fastueux, des excès et la libération temporaire des esclaves. Les Sigillaires marquaient l'échange de petits cadeaux en terre cuite, ancêtres de nos étrennes modernes.
Cette pratique des étrennes a survécu à deux millénaires d'histoire. La tradition des étrennes, ces cadeaux d'argent offerts au Nouvel An, remonte à l'Antiquité romaine. En France, la coutume des étrennes s'est progressivement transformée : d'abord réservée aux rapports entre maîtres et domestiques, puis étendue aux enfants et aux proches, elle a pris des formes très diverses selon les époques avant de coexister avec la tradition des cadeaux de Noël.
La confusion autour du poisson d'avril
La Toussaint ou non, une anecdote calendaire mérite d'être mentionnée ici car elle illustre bien la désorientation que provoqua la réforme du calendrier. Les généalogistes des rois de France devaient jongler avec les dates en fonction des lieux pour raconter l'histoire, puisque le début de l'année variait selon les provinces. À certains endroits, comme en Vienne par exemple, c'était le 25 mars, style de l'Annonciation, d'où la tradition du poisson d'avril, commémorant l'usage de s'échanger des cadeaux en début d'année selon ce style.
Autrement dit, le poisson d'avril du 1er avril serait un vestige ironique de l'époque où l'on changeait d'année en mars ou début avril : les personnes qui continuaient à offrir des cadeaux du Nouvel An à cette date, ignorant que le calendrier avait changé, se faisaient "poissons d'avril". L'étymologie reste débattue, mais cette explication a le mérite d'être bien ancrée dans la réalité de la confusion calendaire médiévale.
Les traditions françaises du Jour de l'An
En France, le passage au Nouvel An s'articule autour de plusieurs moments bien distincts. La nuit du 31 décembre au 1er janvier est le moment central. On célèbre le "réveillon de la Saint-Sylvestre" (Sylvestre étant le saint du 31 décembre), avec des repas copieux, du champagne, et souvent des feux d'artifice dans les grandes villes. Paris, notamment sur le Champ-de-Mars ou les Champs-Élysées, voit des milliers de personnes se rassembler pour accueillir minuit.
Le 1er janvier lui-même est traditionnellement consacré aux visites de famille et aux vœux. Le mois de janvier entier est d'ailleurs considéré comme le "mois des vœux" en France : les cartes de vœux, les messages, les appels téléphoniques constituent un rituel social très ancré. On estime que 40 % des Français prennent au moins une résolution pour la nouvelle année.
Les étrennes ont aujourd'hui une existence plus discrète, souvent réservées aux enfants ou à certains corps de métier. La tradition du gardien d'immeuble qui passe chercher ses étrennes en janvier est encore vivace dans les grandes villes, bien que les pratiques aient beaucoup évolué.
Le statut légal du 1er janvier
Sur le plan juridique, le 1er janvier est inscrit à l'article L.3133-1 du Code du travail comme l'un des onze jours fériés légaux. Contrairement au 1er mai, qui est le seul jour légalement obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés, le 1er janvier obéit au droit commun des jours fériés.
En pratique, l'immense majorité des entreprises ferme ce jour-là, soit parce que la convention collective l'impose, soit parce que cela va de soi au vu de la nature de la journée. Mais légalement, un employeur peut demander à certains de ses salariés de travailler le 1er janvier, selon les dispositions de leur secteur d'activité. La restauration, l'hôtellerie, les transports publics et les services d'urgence fonctionnent bien sûr en ce jour comme tous les jours fériés.
Si le 1er janvier tombe un samedi ou un dimanche, il n'y a aucun mécanisme légal de récupération. Le jour est simplement perdu au sens où aucun jour de compensation n'est automatiquement accordé. C'est une réalité qui revient régulièrement dans le débat public sans que la législation ait été modifiée sur ce point.
Un jour férié sans signification unique
Ce qui distingue le 1er janvier de la plupart des autres jours fériés français, c'est précisément son absence de signification unique et contraignante. Il n'est pas attaché à un événement militaire, à un saint particulier ou à un dogme religieux. C'est un point de convention dans le temps : une façon collective de dire que quelque chose recommence, que le compteur repart à zéro.
C'est l'un des rares jours chômés qui ne soit ni vraiment religieux ni commémoratif : il célèbre simplement le passage du temps.
Cette neutralité relative explique peut-être pourquoi il est célébré dans pratiquement tous les pays du monde, au-delà des différences culturelles, religieuses et politiques. Le 1er janvier est l'un des rares jours où l'on peut parler d'une fête véritablement universelle, même si les formes de célébration varient considérablement d'une culture à l'autre.
Au Japon, le Nouvel An est l'une des fêtes les plus solennelles de l'année, célébrée avec des rituels précis et une atmosphère recueillie. En Chine et dans une grande partie de l'Asie de l'Est, le Nouvel An lunaire éclipse le 1er janvier en termes d'importance culturelle. En Iran, le Nowrouz est célébré à l'équinoxe de printemps. Le 1er janvier grégorien cohabite avec toutes ces traditions sans les effacer.
La dimension internationale de la nuit du 31
Depuis quelques décennies, le passage au Nouvel An est devenu un événement médiatique mondial. Les feux d'artifice de Sydney, qui accueillent parmi les premiers la nouvelle année en raison du fuseau horaire, donnent depuis les années 1980 le signal à l'ensemble de la planète. S'ensuivent les célébrations de Dubaï, puis progressivement de l'Europe, avec Paris en figure de proue.
Cette mise en scène spectaculaire est relativement récente. L'invention de la télévision et sa généralisation dans les foyers français dans les années 1960-1970 ont transformé la nuit du 31 en un événement collectif que l'on vit chez soi autant que dans la rue. Puis l'essor des réseaux sociaux a encore accentué cette dimension globale : les vœux se diffusent aujourd'hui instantanément à l'échelle planétaire, parfois avant même minuit, en raison des décalages horaires.
Ce que retenir pour un site de calendrier
Pour un site centré sur les jours fériés français, le 1er janvier présente un intérêt particulier : c'est la première date de chaque nouvelle année, ce qui en fait une entrée naturelle pour toute la structure du calendrier. Les requêtes associées sont massives au moment des fêtes et au début de chaque mois de janvier.
Les questions fréquentes des internautes portent sur plusieurs points : l'année qui vient de s'achever ou celle qui commence, les dates du 1er janvier pour les prochaines années (avec notamment la question du week-end prolongé si la date tombe un vendredi ou un lundi), les traditions françaises, et la différence entre le statut légal du 1er janvier et celui du 1er mai.
Sur la question du week-end : si le 1er janvier tombe un vendredi, les salariés bénéficient naturellement d'un week-end de trois jours. S'il tombe un lundi, c'est identique. S'il tombe un samedi ou un dimanche, aucune compensation n'est prévue par la loi. Cette réalité pratique intéresse beaucoup de monde en fin d'année lorsque chacun planifie ses congés.
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Sources : Code du travail français, art. L.3133-1 ; Édit de Roussillon, 1564 ; Encyclopédie Universalis ; Wikipedia.